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Ma bannière cookies, gratuite et en un prompt
Dans l'épisode 2, je vous racontais comment Claude Code avait recréé tout notre plan de taggage en quelques minutes. Je vous avais promis de terminer par l'étape non négociable : le consentement. Promesse tenue.
Je ne sais pas vous, mais moi, payer un abonnement pour une bannière cookies, ça me rend dingue. Oui, la bannière Axeptio est jolie. Vraiment jolie, même. Mais à l'heure où j'écris ces lignes, elle est loin d'être gratuite.
Jouer contre son camp
Avant même de vous donner le détail de comment j'ai installé gratuitement cette bannière avec Claude Code, il faut rappeler une chose : cette histoire de bannière est loin d'être l'amie des professionnels et professionnelles du marketing — et de tous ceux qui ont pour métier l'analyse et l'optimisation.
Bien sûr que le RGPD est important. La protection des données des visiteurs n'est pas une option, et je ne remets pas ça en cause une seconde.
Mais avouez que la situation a quelque chose d'étrange : c'est à nous, entreprises, de payer pour nous mettre en conformité. Pendant ce temps, Google et Meta trouvent toujours de nouvelles méthodes pour aspirer la data dont ils ont besoin — et on peut légitimement douter qu'ils le fassent toujours en protégeant la vie privée des visiteurs.
De surcroît, permettre à nos visiteurs de refuser qu'on les trace, c'est bien. Mais ces données dont on se prive sont très utiles. Elles conditionnent la qualité de nos audiences, de nos conversions, de nos décisions marketing.
Donc payer un outil tiers pour brider une brique aussi stratégique de notre propre écosystème, c'est clairement pas mon dada.
Comment j'ai fait : un prompt, une bannière
La démarche tient en une phrase. J'ai demandé à Claude Code quelle bannière cookies open source lui semblait la plus solide pour notre besoin : gratuite, sans dépendance, compatible Consent Mode v2, personnalisable à notre charte.
Il en existe plusieurs très sérieuses, chacune avec sa philosophie :
- tarteaucitron.js — la référence française, riche en services pré-configurés, très répandue chez les agences. Solide, mais assez lourde pour un besoin simple ;
- Klaro — approche par fichier de configuration, propre et bien documentée, d'origine allemande ;
- vanilla-cookieconsent v3 — la librairie d'Orest Bida : légère (aucune dépendance), licence MIT, gestion fine des catégories de consentement, callbacks natifs pour piloter le Consent Mode, et un CSS entièrement surchargeable.
Notre choix s'est porté sur vanilla-cookieconsent v3. Claude a argumenté le benchmark, a cloné le projet depuis GitHub, l'a intégré à notre stack, puis l'a branché sur notre charte graphique : navy, turquoise, Poppins. Le tout dans la même session. Ce que j'ai fait, moi ? Relire, valider, tester. C'est tout.
À retenir
Une bannière cookies n'est pas un service qui mérite un abonnement à vie. C'est un composant de votre site, que vous pouvez posséder, versionner dans Git et faire évoluer comme le reste de votre code.
Points techniques : envoyer le consentement à Google et à Meta
Si choisir une bannière est simple, encore faut-il vous assurer qu'elle transmet bien les paramètres de consentement à vos différentes balises. Et attention : Google et Meta n'utilisent pas le même mécanisme.
Côté Google : le Consent Mode v2
Ma bannière envoie bien les signaux du Consent Mode v2 de Google. Concrètement, à chaque choix du visiteur, quatre signaux sont transmis :
analytics_storage— le visiteur accepte-t-il les cookies de mesure d'audience (GA4) ?ad_storage— accepte-t-il les cookies publicitaires ?ad_user_data— ses données peuvent-elles être envoyées à Google à des fins publicitaires ?ad_personalization— accepte-t-il la personnalisation des annonces (remarketing) ?
Les deux derniers sont la nouveauté de la v2, obligatoire depuis mars 2024 pour continuer à alimenter vos audiences et vos conversions Google Ads en Europe. Sans eux, vos campagnes tournent à vide.
Côté Meta : pas de « Consent Mode », mais un mécanisme équivalent
Chez Meta, ça ne s'appelle pas Consent Mode v2 — le pixel dispose de son propre mécanisme de consentement, plus rudimentaire mais efficace :
fbq('consent', 'revoke')— placée avant l'initialisation du pixel, cette commande le met en pause : aucun cookie déposé, aucune donnée envoyée ;fbq('consent', 'grant')— dès que le visiteur accepte, cette commande libère le pixel, qui exécute alors tous les événements mis en file d'attente.
Le mécanisme, identique des deux côtés
Le principe est donc le même partout : au chargement de la page, tout est bloqué par défaut — denied pour Google, revoke pour Meta. Puis, dès que le visiteur fait son choix dans la bannière, un signal de mise à jour ajuste chaque paramètre. Tant que le consentement est refusé, aucun cookie publicitaire n'est déposé — mais Google comme Meta peuvent tout de même modéliser une partie des conversions à partir de signaux agrégés et anonymes. C'est ce qui permet de rester conforme sans piloter complètement à l'aveugle.
Certes, des solutions existent pour limiter la casse — notamment exploiter la donnée first-party pour votre propre analyse. Mais en toute logique, il vous est interdit de l'envoyer à Google ou à Meta sans consentement : la qualité de la remontée des conversions s'en trouve, quoi qu'il arrive, diminuée.
Testez votre bannière. Vraiment.
Dans les centaines de formations que j'ai animées, j'ai audité beaucoup de sites avec les participants. Et le constat est affligeant : au moins une bannière sur deux ne fonctionne pas correctement. Des tags qui se déclenchent avant le consentement, des refus qui ne bloquent rien, des signaux Consent Mode jamais envoyés. C'est quand même une blague.
Le pire ? La plupart des entreprises concernées paient un outil de consentement… et croient être en règle. Savoir tester le fonctionnement réel d'une bannière — avec le mode aperçu de Tag Manager, le debug GA4 et l'inspection des signaux de consentement — est une compétence indispensable. C'est d'ailleurs un des éléments que l'on apprend dans notre formation GA4 et Google Tag Manager.
Le piège classique
Installer une bannière ne sert à rien si vos balises se déclenchent quand même avant le consentement. Tant que vous n'avez pas vérifié le comportement réel de vos tags, considérez que votre site n'est pas conforme.
Et vous ?
Récapitulons ce que Claude Code a produit ici : le choix argumenté d'une solution open source, son installation, sa mise à la charte, et le branchement complet du consentement, côté Google comme côté Meta. Coût de la solution : zéro. Abonnement : aucun. Dépendance à un éditeur tiers : aucune.
Comme pour le plan de taggage de l'épisode 2, la condition reste la même : comprendre ce que vous faites. Le consentement touche au juridique, à la donnée et à la publicité en même temps. C'est précisément ce type de compétence transversale qui fait la différence entre subir ses outils et les piloter.
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Prochain épisode
Épisode 4 — bientôt
On continue à ouvrir le capot : je vais vous expliquer comment Claude Code a changé notre manière de piloter les automatisations. On est passés d'un mode presque génial mais galère… à un mode génial et pas galère.